Michael Eul
[Extrait de l'entretien entre Michael Eul et Torsten Möller]
" Tes travaux sont maintenant connus depuis plus de vingt ans".
Mais quels ont été les développements?
Les différentes phases créatives?
Qu'est-ce qui t'occupe en ce moment?
Je ne poursuis constamment qu'une seule idée. Non pas que depuis toutes ces années, rien n'est changé;
auparavant, je travaillais avec plus de couleurs sur des structures plus grossières; de mon support en carton, certains matériaux
ressortaient encore plus fortement, parmi lesquels la laque, la craie, la bande adhésive. Mais ces dernières années, mes objets
se confondent avec la peinture, les surfaces se sont affinées, faisant apparaître la construction de l'image. Par l'ajout
subtil d'aplats de couleurs, je suspens la distinction entre la surface et l'objet, ce faisant la matière semble acquérir une âme,
au fond la transparence prends corps. Vilém Flusser l'avait exprimé à sa façon ¨les surfaces sont les pâturages de la pensée et
les critères de la créativité à partir desquels s'édifie le sens.
Est ce que le jeu d'ombre, la fluidité que dessinent tes œuvres sur les murs sont des aspects importants pour
toi?
J'essaie aussitôt que possible de travailler directement sur le mur. Ainsi, l'ombre qui se forme est déjà
partie constitutive de mon travail. C'est en quelque sorte le lien entre l'espace et l'objet. C'est dans la lumière diffuse du
jour, que s'épanouissent le mieux mes travaux, que le glissement de l'objet à l'ombre au mur est à peine perceptible. Jonction,
arêtes ou plans apparaissent en décalage et donc, ressortent soudainement avec plus de force. L'impression générale reste
imprévisible; pour moi c'est vraiment une dimension poétique. Il y a des moments dans la journée, où a lieu un échange parfait
entre la lumière et l'objet; lorsque le rapport entre la matière et le non-matière est incertain, là , c'est pour moi magique.
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