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Marcel Miracle dessine un univers. On peut y pénétrer. Une cosmogonie, une mythologie se pense et se construit ici par le dessin, le collage, et les textes souvent : poèmes, et titres de dessins. La présence et la récurrence d'archétypes frappe l'observateur dès les premières planches. La puissance de leur organisation secrète se révèle peu à peu, en même temps que la liberté de la pensée qui les invente. Une cohérence que l'on pourrait dire magique se dégage de cette œuvre. La profusion, la fécondité en font structurellement partie : des malles entières, dans tous les coins de son appartement, recèlent plusieurs décennies de travail. Et la logique interne qui préside à ce mouvement créatif intarissable n'est jamais trahie - ni la fidélité de Marcel Miracle à lui-même : nous n'avons pas vu un seul de ses dessins se ficher hors de la cible. La littérature, la lecture sont au cœur de son monde. Marcel Miracle vit pour son œuvre. L'expression est galvaudée, mais c'est la vérité. Un engagement si entier qu'il nuit à la diffusion de ce travail : on n'a vu ses œuvres en galerie ou en revue que bien rarement, presque jamais. Marcel Miracle souffre de devoir gagner sa vie, de ne pouvoir se consacrer intégralement à son travail. Mais il est bien trop libre pour songer à se vendre, et d'ailleurs il n'a pas le temps: les veinards qui sont entrés dans son appartement, dans ses albums et dans son univers savent qu'il a une œuvre à accomplir. (Extrait d’un texte de Le Cultur@ctif Suisse (FB)) |
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