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Pas à pas Solitaire, hors champ, sur la voie de nulle part, Jean-Christophe Norman entraîné déjà à l’extrême, a trouvé par
coïncidence sa voie, le passage oublié ou enfoui de son destin déjà sans doute croisé il y a longtemps mais sans repère encore conscient,
dans le zig zag d’une démarche qui ne savait pas vraiment encore sa nature et un jour, par le hasard d’une circonstance, le passage
perdu fut retrouvé comme si une voix l’appelait comme si le souvenir fondamental refaisait surface à l’occasion d’un accident et d’une
crise; il a entendu au creux du souffle, dans sa respiration même, dans l’acte même du respir, dans sa pulsation primaire, le souffle du
temps qui passe, du temps vital cosmique, de l’énergie fondamentale; il a entendu l’écho de l’appel lointain du voyageur et du nomade ou
du pèlerin de l’absolu, de l’ancien cheminot qui pas à pas trace sa route d’une montagne à l’autre, inlassablement, en route on the road,
tel un Kerouac, tel un Daumal ou un voyageur chinois taoïste, vers le Mont Analogue, en route, simplement en route, totalement en route;
ce fut et c’est encore par le chemin aride, étrange, bigarré et contradictoire de l’art que fut révélé au travers de traces de Pollock
et de Twombly, des écritures fluides de ces explorateurs d’un chemin inconnu, fragments d’un enseignement inconnu, ésotérique, caché,
secret et qui se révèle progressivement au gré des circonstances comme si des passeurs, artistes, écrivains ou musiciens ou sages et
spirituels indiquaient une voie possible, discrètement; mais ce chemin de l’art moderne et contemporain n’est qu’une étape ou un relais
vers la voie, un passage transitoire vers la voie obscure qui se dessine dans le cheminement de l’écriture (d’une escalade à l’autre,
toujours la même quête),d’une plaque à l’autre, d’une feuille à l’autre, d’un cahier à l’autre,d’un tableau à l’autre, d’une marche à
l’autre,cette écriture s’évade déjà n’importe où dans la ville, sur les routes,au bord des trottoirs, sur les chemins de campagnes, dans
le soleil,la bruine ou la brume, dans le silence du monde naturel ou dans la rumeur des bruits de la ville, pas à pas de longues
méditations perpétuelles avec seulement une craie, presque rien, sur la voie déjà du plein vide si riche si dense si intense si peuplé
et c’est là que Jean-Christophe Norman, loin de toutes influences,retrouve et croise les expériences extrêmes de quelques arpenteurs
comme Ian Wilson l’américain, Stanley Brouwn l’hollandais ou l’anglais Hamish Fulton comme celle d’André Cadere le roumain, toujours
pas à pas sur la route obscure du souffle et de son respire, croisant aussi le cheminement extrême de Jean-Luc Parant avec ses boules,
ses dessins, ses mots qui s’emboutent, tournant et tournant dans l’espace du dedans. |
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