Jean-Luc & Titi PARANT

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Jean-Luc PARANT

«Jean-Luc Parant est un homme de la globalité. Il est tout, peintre, dessinateur, sculpteur, installateur, écrivain, poète, il dit ses textes avec éventuellement un accompagnement musical, il enregistre des CD, il est donc aussi acteur. En tant que plasticien, il est un acteur de l’espace et en tant qu’écrivain, il est un acteur du temps. Mais on pourrait tout compliquer (ou tout simplifier) en disant qu’il sculpte comme il écrit et qu’il écrit comme il sculpte, ce qui revient à dire qu’avec lui le temps c’est de l’espace et que l’espace c’est du temps. […]
Puis j’ai heureusement constaté que l’expansion de son œuvre […] abolissait plutôt l’idée de jugement, de hiérarchie et de compétition. La vision de l’artiste est finalement réconfortante et je dirais même optimiste. Pas la moindre trace de plainte ou de malaise dans la pensée de Parant qui est pourtant tragique et accepte la mort et une mélancolie métaphysique mais tout cela est positif et va dans le sens de la vie.»

Pierre Tilman à propos de Jean-Luc Parant in le Bout des Bordes n°7/8,
collectif, éditions Al Dante, 2003.

 

 

Titi PARANT

«L’auteur d’un seul mot ne l’a même pas inventé. Il était là ; nous l’utilisions, on l’utilisait depuis des années, des siècles même. Il était parfois très fréquent. Tout le monde l’avait employé, au moins une fois, avec plus ou moins de sincérité, de passion, d’accent.

Or voici que quelqu’un l’isole, l’inscrit au bon endroit, le prononce au bon moment, le fait entendre de mille façons, si bien que c’est comme s’il (elle) l’avait inventé. Toutes les autres occurrences sont alors rafraîchies, rajeunies. […]
Or il y a des mots plus actifs que d’autres. Certains nous laissent en contemplation nostalgique devant d’inaccessibles horizons, nous étalent des océans vertigineux et glacés. Bienheureux celui (celle) qui trouve le mot qui vous emporte, qui se réfléchit sur autrui, sur des yeux, des lèvres, des voix, se répercute peu à peu sur tous les yeux, toutes les lèvres, toutes les respirations délicatement. C’est l’universelle attraction des corps et la gravitation de leurs âmes.
Alors les mots se mettent à dire « je t’aime » à toutes les phrases et à toutes les formes ; une possibilité s’annonce que le monde se remette (ou se mette) à tourner rond.»

Michel Butor à propos de Titi Parant in Titi Parant, plasticienne, collection « Les carnets de la création »,
éditions de l’œil, 2002.